Auteur.e.s : Dié Octave MANIGA, .
Titre : Les transports collectifs urbains à Abidjan face aux effets de la crise socio-politique de 2002
Résumé
La question des transports collectifs urbains à Abidjan a connu d’importantes mutations sous l’effet de la
crise socio-politique de 2002. Avant cette période, le système était dominé par la Société des Transports
Abidjanais (SOTRA), qui assurait un service relativement structuré malgré des contraintes liées à la
croissance démographique et aux insuffisances infrastructurelles. La crise a profondément désorganisé ce
modèle, entraînant une baisse de l’offre de transport, une dégradation des équipements et un affaiblissement
de la régulation institutionnelle. Dans ce contexte, les opérateurs informels, notamment les gbaka et les
wôrô-wôrô, ont connu une expansion rapide, garantissant une continuité minimale du service, mais au prix
d’une informalisation accrue du secteur et de conditions de sécurité précaires. Cette étude analyse les effets
de cette crise et les dynamiques de recomposition du secteur. À partir de l’exploitation de sources
documentaires variées (ouvrages, articles scientifiques, thèses), il ressort que cette crise a eu des impacts
significatifs sur l’organisation et le fonctionnement du transport urbain collectif dans la capitale ivoirienne.
Aussi, elle a favorisé l’émergence d’un système hybride combinant acteurs publics et privés, formels et
informels. Face à cette recomposition, l’État a engagé, dans la période post-crise, des stratégies de
reconstruction fondées sur la réaffirmation de son rôle régulateur, la modernisation des infrastructures et le
développement de partenariats publics-privés.
Publié dans le numéro 1 le (05 – 2026), 14/05/2026